top of page

Le débarras, dernier maillon oublié de l'économie circulaire ?

11 sept.
3 min de lecture

Quand on pense "économie circulaire", on imagine spontanément le tri sélectif, le compost, ou la fameuse poubelle jaune. Rarement le camion qui vide un appartement du sol au plafond en une matinée. Pourtant, si un secteur pratique le réemploi tous les jours, sans médaille ni observatoire dédié, c'est bien celui du débarras. Il est temps de lui donner la place qu'il mérite dans la conversation.


Le débarras et l'économie circulaire

La France, championne toutes catégories de la production de déchets


Commençons par planter le décor. La France a généré environ 309 millions de tonnes de déchets en 2022, soit 4,6 tonnes par personne, selon l'ADEME. De quoi donner le vertige rien qu'en le lisant.

Une partie de ce volume transite chaque année par les déchèteries du pays : 4 620 sites, qui ont réceptionné 16,44 millions de tonnes de déchets en 2021, encombrants et mobilier en tête de liste.


Le grand absent des rapports officiels


Voilà pour le décor. Maintenant, cherchez "débarras" dans les rapports nationaux sur l'économie circulaire.


Vous ne trouverez presque rien. Le métier n'a ni ligne budgétaire, ni observatoire, ni statistique dédiée, alors qu'il se situe exactement au carrefour de deux enjeux majeurs : la réduction des déchets et la seconde vie des objets. Un comble...


Le réemploi progresse, mais sans compter les débarrasseurs


Bonne nouvelle tout de même : le réemploi avance en France. Les éco-organismes ont déclaré 90 000 tonnes de produits réemployés ou réutilisés en 2023, dans le cadre de l'Observatoire national du réemploi piloté par l'ADEME. C'est encore peu (environ 3 % des volumes concernés), mais la dynamique est réelle, portée par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC).


Le problème, c'est que cette dynamique se construit presque entièrement sans les professionnels du débarras. L'observatoire suit les filières REP, les éco-organismes, les grandes enseignes. Il ne suit pas les tonnes de mobilier qu'un professionnel du débarras réoriente chaque semaine vers une brocante, une association ou une filière de recyclage, en dehors de tout circuit institutionnel.


Ce travail existe. Il est massif. Et il est tout simplement invisible dans les statistiques nationales.


Trier, revendre, donner : le réflexe circulaire que personne ne compte


C'est là que le plaidoyer commence vraiment. Quand un professionnel du débarras intervient, il ne se contente pas d'évacuer. Il :


  • trie ce qui peut avoir une seconde vie,

  • identifie les objets de valeur pour la revente,

  • oriente vers les associations et filières de don,

  • ne conserve la benne qu'en dernier recours.


C'est, concrètement, la définition même de l'économie circulaire appliquée au quotidien, chantier après chantier. Mais sans reconnaissance sectorielle, ce savoir-faire reste artisanal dans sa valorisation : pas de label systématique, pas d'indicateur de taux de valorisation partagé, pas de voix collective face aux pouvoirs publics ou aux donneurs d'ordre.


Un secteur qui agit beaucoup, et qui se fait entendre peu.


Notre plaidoyer : donner de la voix à un métier qui le mérite !


Chez DMF, on pense qu'il est temps de changer cette équation. Pas en réclamant plus de contraintes, mais en réclamant plus de reconnaissance pour un métier qui contribue déjà à un enjeu de société majeur.


Mesurer. Tant que personne ne quantifie le volume valorisé par les professionnels du débarras, le métier restera invisible dans les politiques publiques de l'économie circulaire. DMF veut contribuer à faire remonter ces données.


Valoriser. De nombreux professionnels font déjà un travail remarquable de tri et de valorisation, souvent sans le mettre en avant. Notre label est justement pensé pour leur donner la parole et montrer ce savoir-faire au grand jour.


Porter. Un métier qui se fait entendre collectivement pèse davantage qu'une addition d'acteurs isolés, que ce soit face à une collectivité, un bailleur social, ou une association de réemploi cherchant des partenaires fiables.


Ce qu'il faut retenir


  • La France génère 309 millions de tonnes de déchets par an, mais le débarras n'apparaît dans aucune statistique officielle du réemploi.

  • 90 000 tonnes ont été réemployées en 2023 via les filières officielles, sans compter le travail quotidien des professionnels du débarras.

  • Le tri, la revente et le don pratiqués sur chaque chantier sont une forme d'économie circulaire à part entière, encore trop peu reconnue.

  • DMF veut mesurer, valoriser et porter la voix du secteur pour lui donner la place qu'il mérite.


Le débarras mérite sa place à la table de l'économie circulaire


Le tri sélectif a mis des années à devenir un réflexe collectif, porté par une vraie stratégie de communication et de reconnaissance publique. Le débarras professionnel mérite le même traitement. Ce n'est pas un service annexe qu'on appelle en dernier recours avant la benne. C'est un maillon actif, quotidien, du réemploi et de la seconde vie des objets.


DMF entend porter cette conviction, avec ses partenaires, chantier après chantier. Un secteur qui trie, valorise et redonne vie aux objets a toute sa place dans le débat sur l'économie circulaire. Il est temps qu'on lui donne un micro et un auditoire.

 
 
Google
5 / 5
Merci de votre confiance
bottom of page